Depuis plusieurs années, vous rêvez d’ouvrir une boutique. Aujourd’hui, vous avez fini de mûrir vos idées et vous êtes prêt à vous lancer. Seulement, vous ne savez toujours pas quelle est la procédure à suivre pour installer un commerce dans votre localité ou ailleurs. Cet article se veut un guide qui fait le point sur les principales démarches à effectuer pour ouvrir sans problème une boutique. Suivez les différentes étapes ci-dessous et votre boutique verra le jour bien plus tôt que vous ne le pensez.

Réaliser une étude de marché

Lorsqu’on a en projet d’ouvrir une boutique, on pense déjà à la manière dont on va agencer l’intérieur du local. Beaucoup anticipent dès les premiers jours la sécurité à mettre en place pour protéger leurs produits. Certes, il est par exemple important de savoir que l’on doit vérifier son parafoudre ou autres protections anti surtensions dans sa boutique avant même d’y entreposer ses produits.

Mais, sachez qu’avant de penser à ces points clés, vous devez formaliser votre projet. C’est une évidence, il faut faire preuve d’anticipation en toute chose pour éviter les surprises désagréables. Néanmoins, la réussite d’une nouvelle boutique dépend du temps que l’on consacre à l’étude du projet.

C’est pour cela qu’une fois que vous avez déterminé le secteur d’activité et le type de produit ou de service à proposer, vous devez effectuer une étude de marché. Elle vous permettra de dimensionner votre activité.

Il est important de sécuriser l’investissement que vous vous apprêtez à faire. Grâce à l’étude du secteur d’activité, vous saurez s’il est opportun de vous y lancer ou non. En effet, certains domaines d’activité sont plus porteurs que d’autres.

De plus, après cette étude, vous aurez une idée précise de votre potentielle clientèle. L’étude de marché facilite l’identification des points essentiels à savoir :

  • Les attentes de la clientèle ;
  • Les canaux de distribution ;
  • Les canaux de communication idéaux ;
  • Les concurrents…

Pour effectuer une étude de marché infaillible, vous pouvez solliciter les services d’agences spécialisées. Sachez néanmoins que les prestations de ces dernières sont plus ou moins onéreuses. Une autre alternative consiste à collaborer avec les mairies ou encore les conseillers en entreprise des Chambres de Commerce. Vous aurez ainsi accès à des guides et des accompagnements pouvant vous permettre d’atteindre votre objectif.

Déterminer la meilleure stratégie pour s’installer

Pour vous assurer de la pérennité de votre boutique avant même son installation, vous devez déterminer où et surtout comment le mettre en place. En théorie, vous devez rechercher un endroit assez éloigné des concurrents directs sans que cela impacte sur votre clientèle.

Grâce à votre étude du marché, vous pouvez déterminer l’endroit qui rendra viable l’activité choisie. La concurrence géographique peut en réalité constituer une pierre d’achoppement pour votre activité.

En parallèle de l’étude de faisabilité, vous pouvez commencer par chercher un local adapté au positionnement que vous aviez déterminé. Faut-il choisir une boutique sans vitrine en centre-ville ou une boutique avec vitrine en centre commercial ?

Si vous voulez ouvrir une boutique de joaillerie, il serait par exemple inutile d’opter pour le centre-ville commerçant. A contrario, il sera inadapté d’implanter un fast-food dans un quartier très huppé. De même, les locaux d’un restaurant de gastronomie ne peuvent pas se trouver à quelques pas d’une gare routière. Vous l’avez certainement compris, il faut mûrir tôt la question de l’emplacement du local de sa boutique pour ne pas être pris au dépourvu au dernier moment.

En dehors de l’analyse de la zone géographique, votre étude de marché peut vous permettre de déterminer le type et la qualité des produits ou des services à proposer. Il suffit de bien étudier la concurrence, la gamme des produits recherchés, les prix ainsi que les services annexes. Ce faisant, vous saurez comment vous positionner efficacement sur le marché.

Établir un business plan

De la qualité de votre étude de marché dépend la pertinence de votre business plan. Après l’étude du marché, il faut en effet rédiger un document dénommé business plan. Ce document permet de solliciter des investisseurs ou encore de demander un crédit bancaire.

On y précise des informations essentielles qui démontrent le bien-fondé et la rentabilité du projet à travers des projections réalistes. En effet, la mise en place de toute activité nécessite des coûts. Il est important de les énumérer dans le business plan. Toutes les dépenses, les moindres charges doivent y figurer.

Ce sont les informations recueillies sur le terrain qui permettent d’établir un business plan solide. Sachez que la rédaction de ce document ne permet pas seulement de convaincre les investisseurs ou de faire la cour aux organismes de financement. Elle permet de structurer le projet avec des informations comme :

  • Les précisions relatives aux produits à commercialiser dans la boutique ;
  • Les stratégies de marketing envisagées ;
  • Les méthodes à mettre en œuvre pour la fidélisation des futurs clients ;
  • Les chiffres d’affaires prévisionnels des premières années pour atteindre l’équilibre ;
  • Les ressources nécessaires au démarrage de l’activité ;
  • Les éventuelles difficultés à rencontrer ;
  • Les soutiens familiaux ou professionnels disponibles…

Vous ne devez par ailleurs pas oublier de choisir le nom commercial de votre boutique pendant cette étape de préparation de votre projet. À cet effet, il convient de rester vigilant pour éviter les contestations. Vérifiez avant tout la disponibilité du nom choisi auprès de l’INPI.

Après la finalisation de l’étude de marché, on se demande souvent comment la transformer en business plan. Plusieurs solutions existent pour y arriver. Vous pouvez par exemple solliciter les services d’un professionnel spécialisé. Il est aussi possible de recourir aux solutions digitales d’élaboration de business plan. Effectivement, il existe des logiciels qui permettent d’avoir gain de cause en ligne.

Rechercher un financement au besoin

Après que les grandes lignes de votre projet soient définies, l’heure est à la recherche du financement. Armé de votre document d’étude de marché et de votre business plan, vous pouvez taper avec courage la porte des banques et des potentiels investisseurs. Évidemment, vous n’aurez besoin de passer par cette étape que si votre capital personnel n’est pas suffisant pour couvrir l’investissement de départ.

Sachez néanmoins que plus votre apport personnel est conséquent, plus la banque sera ouverte aux discussions. Vous pouvez jouer sur les aides ainsi que les subventions pour arrondir votre apport personnel. Voici quelques aides dont vous pouvez bénéficier : les aides spécifiques pour les femmes créatrices, les aides de Pôle Emploi, les aides territoriales accordées dans des zones géographiques précises…

Choisir le statut juridique qui convient le mieux

Microentreprise, EURL, EIRL, SAS, SASU, VDI, SARL, SA… Les options de statuts juridiques possibles sont nombreuses lorsqu’on décide d’ouvrir une boutique.

Sachez que le choix d’un statut juridique conditionne le régime fiscal et le régime social.

Il convient néanmoins d’éclairer votre lanterne tout de suite. Aucun statut juridique n’est meilleur qu’un autre. Chacun d’eux présente ses avantages et ses limites. Vous devez simplement rechercher le statut qui s’adapte le mieux à vos besoins financiers et à vos contraintes en général.

D’autres facteurs doivent être aussi pris en compte lors du choix du statut juridique à savoir :

  • L’importance que l’on accorde à certaines libertés (ouverture du capital aux associés par exemple) ;
  • L’ampleur du projet ;
  • Le poids que l’on accorde à certaines sécurités (l’impact des risques financiers par exemple) ;
  • Le nombre d’associés…

Les chiffres de l’INSEE indiquent d’ailleurs un certain équilibre dans le choix des statuts. Concrètement, 37 % des créateurs d’entreprises ont opté pour le statut d’entreprise individuelle classique, 37,4 % pour le statut de société et 25,6 % ont choisi le statut de micro-entrepreneur.

L’entrepreneur individuel se confond à son entreprise. Dans ce contexte, il est possible de se voir confronté à une saisie du patrimoine personnel en cas de dette. Il est néanmoins possible de faire une déclaration d’insaisissabilité pour éviter d’en arriver là. Le statut d’EIRL (entrepreneur individuel à responsabilité limitée) est aussi une autre alternative.

Lorsque vous choisissez le statut de société, sachez que votre activité sera considérée comme une personne morale. Cette dernière aura alors des droits et des devoirs. La nature de l’activité que vous souhaitez mener (vente de produits physiques ou de services), l’embauche de salariés ainsi que le nombre d’associés sont autant de facteurs qui déterminent le type de société à choisir.

Opter pour la location ou l’achat d’un local selon la situation

Maintenant, tout est calé financièrement et juridiquement parlant pour votre projet d’ouverture de boutique. Vous pouvez alors penser au bail commercial ou à l’achat d’un local commercial. Dans tout projet de création d’entreprises, les loyers à payer représentent l’une des charges les plus redoutées.

Il s’agit en effet d’une charge régulière sur de nombreuses années. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nombre de créateurs de boutique penchent pour l’achat d’un local. Cette solution assure en effet une certaine stabilité. Lorsque vous achetez un local commercial, vous êtes à l’abri des contrariétés que peut engendrer un contrat de location :

  • La crainte de subir une augmentation du loyer ;
  • La crainte de perdre une adresse de choix ;
  • L’expiration du bail…

L’achat d’un local commercial est une solution qui vous permet d’enrichir votre patrimoine. Le bien prendra d’ailleurs de la valeur au fil des années. C’est en quelque sorte une manière de valoriser le capital investi.

Cependant, il ne faut pas se leurrer, tout dépend de la nature de l’activité que vous souhaitez mener, mais surtout du financement disponible. Acheter un local commercial est un gros investissement que tous les entrepreneurs ne peuvent se permettre. Encore qu’être propriétaire ne sous-entend pas qu’on est sans contraintes (il faut entretenir en permanence le local par exemple).

Ainsi, il est plus simple de louer un local lorsqu’on souhaite ouvrir sa boutique et que le budget n’est pas suffisant pour entrevoir un achat. Cette solution présente en outre un avantage non négligeable. Vous disposez d’une grande capacité d’investissement pour fructifier votre activité.

Effectuer les formalités administratives

Pour ouvrir une boutique, vous devez impérativement passer par la case des démarches administratives. La plupart de ces formalités sont prises en charge par le Centre de Formalités des Entreprises (CFE).

Procéder à l’immatriculation de son commerce

L’immatriculation au RCS est la première démarche administrative à mener. Elle doit se faire entre le mois qui précède l’ouverture de la boutique et 2 semaines après le début de l’activité. Pour ce faire, vous devez rédiger au préalable les statuts de l’entreprise. Ils doivent contenir notamment : la domiciliation de la boutique, le régime fiscal et social des associés, la répartition du capital…

Dans le cas d’une société, il faudra indiquer clairement les biens et les fonds que l’on a affectés à la création du commerce. Vous pouvez compter sur le CFE de votre chambre de commerce et d’industrie pour vous accompagner dans les démarches déclaratives qui vous incombent.

Effectuer des formalités supplémentaires si nécessaire

Dans certains cas, il faut effectuer des formalités supplémentaires. Voici une liste non exhaustive de ces démarches :

  • La publication d’une annonce légale ;
  • L’adhésion à un organisme de gestion agréé ;
  • La mise en place des outils de gestion (livre-journal, livre des recettes…) ;
  • L’adhésion à une caisse de retraite complémentaire des salariés (en cas d’embauche) ;
  • La demande de carte de commerçant ;
  • La demande de permis de stationnement ;
  • La demande de permission de voirie ;
  • L’obtention de l’autorisation de grande surface commerciale auprès de la Commission Départementale d’Aménagement Commerciale (CDAC) (pour la surface de vente de plus de 1000 m²) ;
  • Le dépôt de sa marque ou de son enseigne auprès de l’INPI ;
  • L’autorisation de la modification de devanture…

Demande les autorisations spécifiques éventuellement requises pour l’activité à mener

Lorsque votre activité est réglementée, vous pouvez être contraint de vous conformer à d’autres formalités. C’est par exemple le cas de l’obtention d’autorisations spéciales ou de licences selon les services ou produits commercialisés (le tabac, le débit de boissons, les métaux précieux, les antiquités, les médicaments…).

Souscrire une assurance pour protéger son activité

Lorsque vous vous apprêtez à ouvrir un commerce, cela signifie que vous vous préparez également à être exposé à plusieurs risques. Il est donc important d’assurer votre boutique contre les dangers inhérents à l’activité que vous menez.

Outre le local, il faut également protéger le personnel, le matériel ainsi que les objets vendus.

Concrètement, les assurances fréquemment souscrites sont :

  • L’assurance Responsabilité Civile (RC) professionnelle ;
  • L’assurance pertes d’exploitation ;
  • L’assurance commerce multirisque ;
  • L’assurance de local commercial…

Mettre en œuvre son business plan

Lorsque vous aviez effectué toutes les démarches précédemment décrites, vous êtes maintenant prêt pour mettre votre business plan en exécution. Pour ce faire, il est important de respecter le mieux possible les différentes dépenses initialement prévues.

Dès l’ouverture de votre boutique, vous devez par ailleurs respecter certaines pratiques commerciales. Elles garantissent la libre concurrence sur les marchés et la protection des consommateurs. Vous ne devez donc pas vous adonner à des pratiques anticoncurrentielles.

L’ouverture de la boutique les dimanches, les règles de fixation et d’affichage des prix, les ventes au déballage ou encore les soldes sont d’autres points à ne pas négliger pour se conformer aux pratiques commerciales dans votre domaine d’activité.

On retient que pour ouvrir une boutique, il faut mener de nombreuses démarches aussi importantes les unes que les autres. De l’étude de marché aux formalités administratives en passant par l’établissement du business plan et la recherche du financement, aucune étape n’est à négliger. Il vous suffit de ne pas vous écarter des étapes sus-énumérées et vous pourrez très vite ouvrir les portes de votre boutique.

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